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Fred au Pays du Soleil Levant

Calligraphie

14 mai

Tout comme en Chine, la calligraphie est un art au Japon. Malheureusement, depuis l’avènement de l’ordinateur, de moins en moins de Japonais savent parfaitement écrire les quelque 2000 signes de leur langue. En effet, j’ai pu constater que sans pratique, ce qui paraît plutôt simple au premier abord se révèle particulièrement difficile. Il faut vraiment faire attention à appuyer sur le pinceau de la bonne manière de sorte à obtenir de belles fins de trait. J’ai trouvé vraiment très harmonieux lorsque le sensei (professeur, qui était une femme), m’a dessiné un modèle du kanji que j’avais choisi. Celui-ci se prononce « kê » est signifie en gros « respect ». Au final mon dessin n’égale pas celui du sensei, mais s’en rapproche quand même.

       


Miam, miam... des nattô

11 mai

En règle général, je ne suis pas trop gourmand et je mange ce que l’on met dans mon assiette, sauf quelques petites garnitures que j’ai de la peine à apprécier. Cependant, je n’avais pas encore goûté à une spécialité japonaise : les nattô, des haricots de soja fermentés. J’en suis arrivé à la conclusion que c’était le pire aliment que j’aie jamais goûté !

Un des canadiens m’en avait déjà parlé avant, j’avais donc une certaine appréhension en sachant que ma okaasan avait prévu ça pour le souper. Après avoir ouvert le paquet, il faut brasser avec les baguettes la mixture toute gluante jusqu’à ce qu’elle changer de couleur. Déjà à cette étape-là, je pouvais sentir une odeur tout sauf attirante et la consistance de cette mixture ne me disait rien qui vaille. Regardez sur la photo comme tout ce gluant paraît appétissant ! Les nattô se mangent ensuite en les enroulant avec du riz dans une feuille de nori (algues). Après quelques hésitations je me suis lancé, mais rien ne m’avait préparé à un goût aussi horrible ! Je me suis forcé à finir péniblement les quelques graines qu’il me restait sur mon riz, mais j’ai volontiers offert le reste des nattô à ma okaasan. D’habitude, je suis du genre à finir mon assiette même si j’ai de la peine, mais dans ce cas-là j’étais vraiment dans l’impossibilité de le faire tant c’était horrible ! Je crois que maintenant que je sais ce que c’est que de manger quelque chose d’aussi terrible, je suis prêt à apprécier n’importe quoi…


Péninsule de Noto

9-10 mai

Du vendredi matin au samedi soir, nous sommes partis en bus pour un petit voyage organisé par l’école, direction la péninsule de Noto. Pour ce voyage, nous n’étions pour une fois pas seuls puisqu’il y avait avec nous 10 canadiens de l’Université de Montréal (francophones) et 11 américains de la « Washington and Lee University » (américanophone bien sûr…). Je vous ai fait une petite carte pour que vous sachiez enfin où se trouve Kanazawa. J’avoue que même s’il y a 400'000 habitants, je n’en avais personnellement jamais entendu parlé avant d’y aller…

 

Je ne vais bien sûr pas vous détailler tout le voyage, mais juste vous donner quelques anecdotes. Nous avons tout d’abord fait une petite virée à la mer en roulant sur la plage avec le bus ! Et oui c’est possible, le bus a même roulé jusqu’à avoir les roues dans l’eau… Selon le professeur, c’est parce que le sable est très fin et qu’il durcit bien lorsque les voitures roulent dessus. Nous avons ensuite visité des temples, bouddhistes et shintôs. Comme vous le savez peut-être, les religions se mélangent très facilement au Japon et personne n’est vraiment d’une seule religion. Selon les occasions et les différentes fêtes religieuses, chacun se rend donc soit dans un o-tera (temple bouddhiste) ou dans un jinja (temple shintô). Nous sommes également arrêtés en bord de mer pour contempler de magnifiques falaises sculptées par la mer ! 

Dans l’hôtel typiquement japonais, nous avons pu testé les « onsen » (bains thermaux) et enfiler des « yukata ». Vous pouvez nous admirer dans notre tenue de soirée que nous avons même gardée pour manger et pour le reste de la soirée ! Comme notre chambre était minuscule, nous nous sommes tous invités dans la maison des Américains pour une petite fête improvisée.

         

       

        

Le lendemain matin, nous avons eu droit à un déjeuner typiquement japonais. Si je ne me trompe pas, j’ai compté un total de 9 assiettes et bols pour ce repas, avec notamment le traditionnel bol de riz, une salade, une soupe miso et même le poisson entier que chacun faisait rôtir sur son grill personnel ! C’est donc le ventre plein que nous nous sommes promené dans un petit marché et avons visité un musée. Après un autre repas copieux, nous sommes gentiment rentrés à Kanazawa en nous arrêtant au passage dans une rizière.

        


Seihakusai

5 mai

Vous savez peut-être que les Japonais ont très peu de vacances durant l’année et que même lorsqu’ils y ont droit, il arrive souvent qu’ils ne les prennent pas pour ne pas faire mauvaise figure devant leur chef et leurs collègues. Cependant durant la « Golden week », semaine sur laquelle se concentrent différents jours fériés, la majorité des Japonais ne travaillent pas et profitent pour une fois de voyager, surtout à l’intérieur de leur pays. Pour éviter les foules sur les lieux touristiques comme Kyoto, nous avons décidé de repousser ce voyage à plus tard, mais nous nous sommes tout de même rendus à un festival dans la ville de Nanao, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kanazawa.

A l’occasion de ce festival, les trois grands quartiers de la ville fabriquent d’immenses chars qui mesurent entre 12 et 16 mètres de haut et les tirent à travers la ville. Tout le public participe et tire sur d’immenses cordes, ce que nous avons bien sûr expérimenté. A cause des câbles électriques qui envahissent les villes japonaises, le cortège ne peut plus que passer le long de la rivière, mais le seul passage d’un pont avec un de ces engins reste une entreprise périeuse. Comme les chars ne possèdent que quatre roues non dirigeables, vous pouvez je pense imaginer la difficulté à effectuer des virages. Nous avons pu observer différentes tactiques, notamment celle de soulever l’avant du char et de rajouter une roue supplémentaire dessous. Je peux vous dire que de voir ce char ne tenir que sur trois roues très proches les unes des autres et penchant dangereusement comme la route n’était pas plate était plutôt impressionnant. Surtout qu’une vingtaine d’enfants se tiennent sur le char, à plus de 10 mètres du sol ! Une autre équipe préférait simplement tirer de travers pour faire glisser le char, au risque de se prendre un immeuble. En effet, après avoir tirer comme des bœufs pour atteindre le sommet du pont, le char prenait immédiatement de la vitesse lors de la descente. Des cales ont été nécessaires pour stopper le char à quelques centimètres d’un bâtiment, à la grande frayeur de tout le public ! Je ne crois pas qu’en Suisse un festival si dangereux soit autorisé.

Nous avons même pu croiser Yoshida-san, le coordinateur de notre cours de langue, qui participait au déplacement d’un des trois chars (entre Grégory et moi sur la photo)

     

     

 
Nous nous sommes ensuite rendus à un barbecue chez des amis de la famille Asano, famille d’accueil de Grégory. Malgré une fine pluie, nous avons finalement réussi à faire griller nos poissons et nos crustacés… Et non au Japon ce n’est bien sûr pas un bon steak ou une côtelette de porc que l’on fait rôtir, mais bien des produits de la mer. Dans tous les cas, c’était vraiment délicieux et très convivial. Après une longue journée et quelques verres de saké, un petit somme dans la voiture n’était pas de trop (n’est-ce pas Clément ;-) ).

        


« La Folle Journée de Kanazawa »

3-4 mai 2008

Ce week-end se déroulait à Kanazawa un grand festival de musique classique intitulé « La Folle Journée de Kanazawa » (en français pas en japonais…). Je vous laisse imaginer de quelle manière les Japonais prononçaient le nom de ce festival ! Comme la majorité des concerts étaient des œuvres de Beethoven, les organisateurs ont décidé de déguiser quelqu’un en Beethoven pour mettre un peu d’animation. Comme les Japonais n’ont pas trop une tête de Beethoven et que l’on doit pouvoir compter les Européens présents à Kanazawa sur une seule main, devinez qui c’est prêté au jeu… moi bien sûr (le samedi), et Clément le jour suivant ! Vous pouvez me contempler dans mon magnifique costume, avec une splendide perruque…

      

En fait ce déguisement faisait parti d’un programme spécialement conçu pour les enfants. Ceux-ci devaient trouver Beethoven (donc moi) dans tout le festival et lui demander s’il était vraiment Beethoven. En échange, je leur donnais un des cinq autocollants qu’ils devaient récolter pour obtenir je ne sais quelle récompense. C’était plutôt marrant ces petits enfants tout craintifs qui venaient me demander « Anata wa Beethoven desu ka » (Est-ce que vous êtes Beethoven ?). Au Japon, dans la vie de tous les jours, j’ai l’habitude maintenant qu’on me regarde d’une manière un peu différente qu’en Suisse, mais à ce festival j’étais encore plus décalé ! Jamais de ma vie je n’ai fait autant de photos, ça n’a pas arrêté toute la journée. Bien sûr en plus des photos, j’ai aussi eu droit au honneur de la caméra (4e fois déjà depuis que je suis au Japon, comme quoi on est vraiment des extra-terrestres ici…). C’est déjà stressant d’être interviewé en français, alors je vous laisse imaginer en japonais avec le peu de vocabulaire que j’ai pour l’instant… Il m’a fallu un petit instant de réflexion pour sortir quelque chose lorsque le journaliste me demandait de dire quelque chose pour tous les habitants de Kanazawa. Je crois qu’il faut déjà que je me prépare mentalement pour la prochaine interview au rythme où je dois en donner.

En définitive, ce petit travail était plutôt amusant, mais après 6 heures de ballades incessantes dans le festival et de « Hai Beethoven desu », j’étais bien crevé et content que ça se finisse. Bien que bénévole pour cette journée, j’ai eu la bonne surprise de recevoir une bouteille de Bordeaux et des tasses de Chine avec des instruments de musique dessus (bien sûr qu’il n’y a pas de trompette…). Pour la suite du festival, je suis redevenu un auditeur ordinaire ! Avec ma famille nous sommes donc allés écouter trois concerts entre samedi et dimanche soir, notamment les symphonies 3 et 4 composées par moi-même (Beethoven), interprétées par l’Ensemble Orchestre Kanazawa. La salle de concert toute neuve de Kanazawa est vraiment très belle et n’a rien à envier aux meilleures salles de Suisse. D’après moi, seul le KKL de Lucerne la surpasse en taille et en classe !


Menu "made in Japan"

2 mai 2008

Membres de Greenpeace et protecteurs des animaux, si vous souhaitez rester en bons termes avec moi, ne lisez pas cet article ! J’ai en effet goûté à un met que certainement personne d’entre vous n’a jamais goûté, puisqu’il est impossible de s’en procurer chez nous. Vous aurez peut-être deviné que j’ai mangé de la baleine ! Je sais ce n’est pas bien de tuer ces pauvres baleines, mais comme un beau plat de sashimi (c’est-à-dire cru) ne demandait qu’à être mangé, il n’y avait pas à hésiter.

Ne pensez pas que les Japonais mangent de la baleine chaque semaine, ni même chaque mois ou chaque année. C’est un met rare qui coûte extrêmement cher, et que l’on ne trouve en général que dans des restaurants hors de prix à Tokyo par exemple. Ma okaasan n’avait pas mangé de « kujira » (= baleine) depuis 2-3 ans, et c’était la première fois qu’elle la goûtait en sashimi. Au final, ces sashimis étaient vraiment délicieux. Mon otoosan m’a dit de bien les savourer comme c’était le genre de choses qu’un Japonais mange en général entre 0 et 2 fois durant toute sa vie.

En résumé, malgré une petite culpabilité, j’en retire que la baleine c’est vraiment délicieux. Mais c’est sûr que ce n’est pas demain que je vais en goûter encore une fois !

 


Festival du soja

26 avril 2008

Dans une fabrique de sauce soja de Kanazawa, se déroulait un petit festival auquel nous nous sommes rendus. Au Japon, toutes les raisons sont bonnes pour faire un festival, et je crois qu’il doit être possible d’aller chaque week-end à un autre dans un rayon de 50 km. Mais il faut dire que parfois ils appellent ça festival, alors qu’il n’y a que trois ou quatre personnes qui se courent après… Dans cette entreprise de soja, on devrait plutôt parler de portes ouvertes. Quoi qu’il en soit, nous avons pu goûter de délicieuses « okashi » (friandises japonaises) arrosées d’une « délicieuse » sauce au soja. En fait pour être franc, nous avons dû nous forcer un peu pour terminer cette friandise, tant la sauce gâchait tout…

Un groupe d’élèves d’une quinzaine d’années réalisait un reportage sur ce petit festival. On peut vite voir que ce sont des élèves, puisque toutes les écoles sans exception imposent le port d’un uniforme ! Vous pouvez bien sûr deviner qu’il nous a été impossible de passer entre les gouttes et qu’une énième interview s’est imposée. Quoi de plus exotique que des Suisses qui viennent visiter une petite fabrique de soja japonaise ! Après ce petit intermède télévisuel, nous nous sommes munis de nos bonnets (no comment…) pour la visite à proprement parler à laquelle nous n'avons naturellement pas compris grand-chose.

   


Poterie et baguettes en or

23 avril 2008

Dans le cadre de nos activités, nous nous sommes lancés dans la fabrication d’une poterie, d’un bol à thé pour être plus précis. Ca ne s’est pas révélé aussi facile que prévu, mais le résultat, pas encore définitif, est plutôt prometteur. Le maître potier semblait dire des choses vraiment intéressantes, particulièrement sur la personnalité de chacun de nous à la vue de notre œuvre, mais comme souvent je n’ai capté que le sens général de ses paroles... Espérons que pour notre deuxième session dans quelques semaines, mon niveau de vocabulaire aura un peu évolué. Suite de cette discussion dans quelques semaines…

 

25 avril 2008

Après avoir expérimenté la poterie, nous avons eu la possibilité de décorer des baguettes à l’aide de feuilles d’or. Après avoir déposé des bandes de scotch soigneusement découpées pour former le motif que l’on désirait et recouvert le tout de colle, nous avons enroulé les baguettes dans une fine feuille d’or. Il suffisait ensuite de retirer délicatement le scotch préalablement fixé pour révéler notre œuvre. A vous de juger le résultat final, mais je trouve dans tous les cas que je me suis plutôt bien débrouillé ! Comme quoi un ingénieur peut aussi avoir un certain sens artistique…