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Fred au Pays du Soleil Levant

Poterie et baguettes en or

23 avril 2008

Dans le cadre de nos activités, nous nous sommes lancés dans la fabrication d’une poterie, d’un bol à thé pour être plus précis. Ca ne s’est pas révélé aussi facile que prévu, mais le résultat, pas encore définitif, est plutôt prometteur. Le maître potier semblait dire des choses vraiment intéressantes, particulièrement sur la personnalité de chacun de nous à la vue de notre œuvre, mais comme souvent je n’ai capté que le sens général de ses paroles... Espérons que pour notre deuxième session dans quelques semaines, mon niveau de vocabulaire aura un peu évolué. Suite de cette discussion dans quelques semaines…

 

25 avril 2008

Après avoir expérimenté la poterie, nous avons eu la possibilité de décorer des baguettes à l’aide de feuilles d’or. Après avoir déposé des bandes de scotch soigneusement découpées pour former le motif que l’on désirait et recouvert le tout de colle, nous avons enroulé les baguettes dans une fine feuille d’or. Il suffisait ensuite de retirer délicatement le scotch préalablement fixé pour révéler notre œuvre. A vous de juger le résultat final, mais je trouve dans tous les cas que je me suis plutôt bien débrouillé ! Comme quoi un ingénieur peut aussi avoir un certain sens artistique…

 

       


Village de Shirakawa

20 avril 2008 

Dimanche nous avons fait un petit voyage avec ma famille d’accueil dans un village traditionnel, Shirakawa, situé à une heure de voiture de Kanazawa. Avant de quitter Kanazawa, nous nous sommes arrêtés pour manger des udon (type de pâtes japonaises). J’ai choisi sur la carte (grâce aux dessins bien sûr et pas à ces signes bizarres…) un plat d’udon avec un œuf par-dessus qui me semblait plutôt bon. Après que l’on ait commandé, otoosan (père) m’a dit : « Tu sais que les pâtes sont froides, l’œuf aussi ! » J’ai mieux compris ce que j’avais commandé lorsque j’ai vu le cuisinier placer un œuf cru (avec tout le gluant qui va avec) sur mon assiette. Ce que j’avais pris pour le blanc d’œuf était en faite une sorte de mousse étrange à base de pommes de terre. Une pointe de baguette de cette mixture m’a convaincu que ce plat n’était pas fait pour moi ! Heureusement, otoosan m’a gentiment proposé d’échanger son assiette avec la mienne. Les udon froides ont déjà été difficiles à finir, alors je n’ose pas imaginer avec un œuf cru en plus ! C’est là qu’on se rend compte que les goûts culinaires sont tout de même bien différents, même si j’apprécie la majorité de la nourriture japonaise.

Après cet intermède culinaire, nous nous sommes donc rendus dans le petit village de montagne de Shirakawa. Celui-ci est célèbre pour ces nombreuses fermes avec un toit en chaume, 114 pour être précis. Nous nous sommes donc promenés dans ce village pittoresque et avons fait une visite guidée d’une de ces maisons. Heureusement que okaasan (mère) et Reina étaient là pour me traduire en anglais, car mon vocabulaire de la paysannerie japonaise n’est pas encore très au point ! Cette petite visite était intéressante et puisqu’il faisait beau temps (pour une fois), c’était d’autant plus agréable.

En partant, nous avons pu admirer une voiture tunée « made in Japan ». C’est sûr qu’on est pas près d’en voir rouler une comme ça chez nous ! Ils sont fous ces Japonais !

       

     


Fabrication d'un sceau

16 avril 2008

Au Japon, contrairement à la majorité des autres pays, la signature n’est pas le moyen officiel pour s’authentifier. En effet, malgré que la signature soit parfois admise, il est nécessaire d’avoir son sceau personnel pour toute démarche officielle, comme par exemple l’ouverture d’un compte bancaire. Dans le cadre des activités de l’école, nous nous sommes attelés à la tâche de réaliser notre sceau nous-même. Suivant les conseils de Kitamuro sensei (professeur en japonais), nous avons gravé dans la pierre les lettres de nos prénoms disposées de manière artistique. Le résultat fut pour le moins… intéressant. Heureusement que Kitamuro sensei corrigeait notre travail pour qu’il ressemble quand même à quelque chose au final (n’est-ce pas Greg…).

   

Comme je n’aurais jamais osé apposer ce sceau pour le moins original sur un papier officiel, nous nous sommes heureusement procurés un autre sceau réalisé de manière industriel. Comme nos noms étrangers n’ont pas de kanji qui leur correspond, ceux-ci s’écrivent à l’aide des katakana (écriture syllabique pour les mots d’origine étrangère). Le nombre maximal de katakana sur le sceau étant limité à 3 ou 4, mon nom a été raccourci à Furedo ! Pas très officiel comme signature… Mais bon, mieux valait le prénom que le nom de famille, car personne ici n’a encore réussi à le prononcer…


Cérémonie du thé

13 avril 2008

Dimanche matin je suis parti en voiture avec Reina et deux de ses amis pour la ville Toyama (~1h au nord-est de Kanazawa). Reina apprend à faire et servir le thé dans les règles de l’art auprès d’un professeur (sensei en japonais). Elle m’a donc proposé de venir avec elle pour pouvoir participer à une cérémonie du thé. Il y a différents types de cérémonie du thé au Japon, mais celle à laquelle j’ai participé est la plus dur à apprendre selon Reina. Tous les gestes sont en effet calculés et chaque ustensile qui sert à la préparation du thé doit être pris d’une certaine manière et reposé exactement dans le bon sens et à la bonne place !

La salle dans laquelle était servi le thé était toute petite et l’on devait rentrer par une minuscule porte de moins de 80 cm de hauteur. Au final nous étions 9 personnes dans cette toute petite pièce, tous assis à genou. Après différentes salutations d’usage, la préparation du thé commence. Chacun reçoit ensuite une pâtisserie japonaise (japanese sweet) qui se mange avant de boire le thé. J’ai vraiment dû me concentrer pour prendre la pâtisserie avec les baguettes, car elle était très grosse. Ca aurait vraiment fait tache dans la cérémonie si j’avais laissé tomber ma pâtisserie alors que tous les gestes sont si calculés, même ceux des invités. Heureusement tout c’est bien passé ! Même pour prendre le bol de thé qu’on se passait, il faut savoir avec quelle main le tenir, tourner le bol deux fois avant de boire et deux fois dans l’autre sens après,... Le thé en lui-même n’était pas spécialement bon, car il était un peu trop concentré pour moi. Il y a plein de sortes de thé au Japon, mais le plus répandu est le thé vert (ocha). Celui de la cérémonie était un thé vert, mais beaucoup plus concentré (koicha). Avec les conseils de Reina, j’ai réussi à faire tout à peu près juste. Après 10 minutes cependant j’avais déjà bien mal aux jambes à cause de la position à genou. Après 20 minutes je ne sentais plus mes pieds donc j’ai été forcé de me mettre en tailleur. C’est vraiment une habitude à prendre, car même les plus vieux étaient à genou.
 

     

     

Après que l’on ait mangé tous ensemble, j’ai un peu dû attendre qu’ils rangent et nettoient tous les accessoires. J’en ai profité pour visiter un musée sur l’Indonésie qui était juste à côté, mais ça ne m’a pas pris plus de 10 minutes. Je n’ai jamais vu un musée aussi court, alors que j’ai quand même payé 800 yens (8 CHF). En plus comme je comprenais rien à ce qui était écrit, c’était encore plus rapide…


Festival des sakura

12 avril 2008

Ce week-end se déroulait à Kanazawa le festival en l’honneur des sakura (cerisiers pour ceux qui n’ont pas lu les autres articles). Nous avons été faire un tour au bord de la rivière avec Clément-san et Grégory-san, où des stands de nourriture et de boissons avaient été mis en place. Nous avons tout de même trouvé que pour une ville de 400'000 habitants, ce festival était de taille plutôt modeste, surtout aux vues des nombreuses affiches que l’on avait aperçues dans toute la ville. Sur une grande scène se produisait tout d’abord un groupe de musique traditionnel, avec notamment des shamisens. Le shamisen est un instrument typiquement japonais à 3 cordes. Nous avions d’ailleurs été faire un petit cours de shamisen quelques jours auparavant. Je dois cependant avouer que cette musique est un peu ennuyeuse.

Quel que soit le son que je faisais avec mon shamisen, impossible d’en tirer quelque chose de joyeux. Après cet interlude musical nous sommes allés boire un sake chaud au bord de la rivière. J’avais déjà eu plusieurs fois du sake froid dans ma famille, mais le chaud c’était une première et ça ne m’a pas vraiment convaincu. Le sake chaud réchauffe bien, mais il n’a vraiment pas un bon goût. Nous nous sommes ensuite joint à un groupe composé à la fois de Japonais et de gaijin (étrangers) pour discuter un peu en japonais-anglais (je dois avouer que moi j’ai un peu trop abusé de l’anglais…). Sur la scène, nous avons pu suivre différentes danses et un théâtre nô auquel nous n’avons pas compris un mot ! A notre grande surprise, la moitié des stands étaient déjà fermés à 18h00, alors que le feu d’artifice n’était prévu qu’à 19h30. On s’est vraiment dit que les Japonais avaient un sens de la fête un peu différent du nôtre !
 

     

     
 

Ce soir-là dans ma famille d’accueil, j’ai eu droit à un souper de luxe. Otoosan (père en japonais) était allé au marché et a rapporté 2 crabes, des grosses crevettes et différents morceaux de thon. Je n’ose pas imaginer le prix de tout le repas vu qu’un crabe coûte 3’000 yens (30 CHF), et que sur l’immense plateau de thon (cru bien sûr), les meilleurs morceaux étaient hors de prix (1’000 yens si on demande un seul sashimi de cette qualité dans un restaurant selon otoosan). Dans tous les cas c’était vraiment délicieux !

Ce qui m’étonne beaucoup, c’est la quantité de nourriture que ma famille, et les Japonais en général, arrivent à ingurgiter tout en restant super mince. Ma « sœur » Reina par exemple arrivent à manger autant si ce n’est que moi, alors qu’elle ne pèse pas 50 kg. Ce doit être parce que c’est du poisson est que ça ne fait pas grossir comme de la viande…

 


Retour à Kenrokuen

9 avril 2008 

Mercredi après-midi nous sommes retournés au parc Kenrokuen pour participer à une cérémonie de thé en compagnie de China-san. Nous nous sommes ensuite promenés encore une fois dans le parc et avons profité de faire quelques photos supplémentaires. Je n’imaginais pas que les cerisiers en fleur puissent être si beaux. C’est surtout le fait qu’il y en a des centaines dans ce parc, ce qui donne vraiment un magnifique manteau blanc. Le parc est tellement bien entretenu que les employés balayent même les ruisseaux pour ne pas qu’il reste des feuilles coincées entre les pierres…

La promenade s’est terminée par une visite de l’intérieur du château de Kanazawa. Comme dans toutes les demeures japonaises il est aussi obligatoire d’enlever ses souliers pour visiter ce château.
 

      

     


Accueil "made in Japan"

7 avril 2008

Le premier jour des cours de langue fût assez mémorable. Nous avons tout d’abord eu droit à une petite cérémonie d’ouverture typiquement japonaise. Nous étions une dizaine de personnes dans une salle, dont seulement trois étudiants. Nous avons alors eu droit à un petit discours de bienvenue, en japonais bien sûr, auquel nous n’avons rien compris ! Heureusement que la traductrice nous a répété le discours en anglais par la suite. La matinée s’est poursuivie avec un test que j’ai laissé à moitié vide et un petit entretien auquel j’ai peiné à répondre aux questions (en japonais bien sûr). C’est là que j’ai commencé regretter de ne pas avoir autant avancé dans le bouquin de japonais que Clément-san et surtout Grégory-san.

L’après-midi, nous nous sommes rendus, avec Yoshida-san et la traductrice, dans l’énorme bâtiment administratif de la préfecture d’Ishikawa, pour nous entretenir avec le directeur du tourisme de la préfecture. Aux vues de la petite cérémonie de la matinée, nous nous attendions à quelque chose d’encore plus officiel. Nous étions cependant loin d’imaginer ce qui allait se passer… Nous sommes arrivés dans une salle de conférence avec une longue table sur laquelle étaient posés deux petits drapeaux suisse et japonais entrecroisés. Nous avons ensuite remarqué le caméraman qui se promenait dans le couloir sans oser penser que c’était pour nous qu’il était là ! Mais oui c’était bien pour trois petits ingénieurs suisses que la chaîne nationale NHK s’était déplacée ! En plus de Grégory-san, Clément-san et moi, il y avait au final 10 japonais dans cette salle. Après un petit discours de bienvenue du directeur, nous nous sommes présentés un par un en japonais, exercice pour le moins ardu… On nous a ensuite remis une bourse d’environ 50'000 yens (environ 500 CHF) de la part de la préfecture, ce qui était plutôt une bonne surprise. Après les remerciements d’usage (merci Grégory-san pour la lecture du texte…), il y eu une petite séance de questions. Nous qui pensions à quelque chose de plus décontracté, avec éventuellement des petits fours, nous avons dû déchanter. Nous sommes restés encore face à face à cette grande table pour parler de la pluie et du beau temps en Suisse et au Japon… Avant de partir je me suis encore prêté au jeu des questions-réponses devant la caméra. Heureusement que j’ai pu répondre en anglais, sinon j’aurais eu de la peine à sortir quelque chose…

Comme la caméra n’était pas là pour rien, nous sommes passés le jour d’après sur la chaîne régionale de NHK (heureusement ils ont pas mis mon interview). Nous avons également eu droit à deux articles dans les journaux locaux (Ishikawa c’est quand même 1.2 millions d’habitants…). Voici donc la vidéo et les deux articles :

Articles.pdf
Sommet Suisse-Japon à Kanazawa.AVI

C’est quand même incroyable, à peine arrivé et j’ai déjà mon nom dans le journal… C’est à croire que c’est un événement exceptionnel que des Suisses viennent apprendre le japonais et travailler au Japon !


Ma famille d'accueil

6 avril 2008 

Dimanche était le jour de la rencontre avec les familles d’accueil ! Nous nous sommes rendus au bâtiment « Rifare » dans lequel se déroulent les cours de langue et où Yoshida-san, le coordinateur, nous a accueilli. Après une petite heure de présentation, les familles sont arrivées et nous sommes chacun partis avec nos « parents » respectifs.

La maison est pas mal du tout et toute la famille Fujimoto (ça sonne bien non ??) est super sympathique. En plus des parents, il y a leur fille de 27 ans, Reina, qui est encore à la maison, alors que leur autre fille de 30 ans et leur fils de 24 ans habitent du côté de Tokyo. Dans la maison, il y a encore les grands-parents qui ont plus de 80 ans, mais ils restent plutôt dans leur partie de la maison et ne mangent pas avec nous. Il y a aussi le chien Leon qui n’arrête pas d’aboyer lorsque quelqu’un rentre, mais maintenant qu’il me connaît il ne me saute plus dessus c’est déjà ça… J’ai encore oublié les deux chats qui vivent dehors mais viennent quémander de la nourriture en se frottant contre la vitre.

La maison, comme la majorité des nouvelles maisons japonaises, est plutôt de style occidental. Je ne dors donc pas sur un tatami et les portes sont comme chez nous. Vous avez peut-être entendu parler des toilettes japonaises qui étaient super perfectionnées. Ma famille possède les toilettes les plus perfectionnées que j’aie vues jusqu’à maintenant : couvercle qui s’ouvre automatiquement quand on arrive, siège chauffant, jet pour se nettoyer le c..., possibilité de régler la puissance du jet et de faire des sortes de massage grâce au panneau de commande (voir photo), séchage à l'aide d'un mini-foehn, et finalement déclanchement automatique de la chasse d’eau lorsqu’on se lève. Personnellement je ne suis pour l’instant pas très convaincu de l’utilité de tels gadgets et je n’ose pas imaginer la quantité d’eau et d’électricité que ces toilettes consomment ! Il y aussi le jacuzzi avec la vue sur le petit jardin style japonais, ainsi que la toute nouvelle télé de 127 cm de diagonale qu’ils viennent de livrer. Comme la moitié des chaînes de télévision au Japon sont déjà en haute définition depuis l’année passée, ça donne vraiment pas mal du tout sur cet écran ! Mais bon pour l’instant je comprends pas grand-chose à ce qu’ils racontent dans leurs émissions… Mais je suis sûr qu’à la vitesse à laquelle vont les cours, je comprendrai bientôt quelque chose.

Pour ce qui est de la nourriture, il y a bien sûr beaucoup plus de poisson que chez nous. Mais pour l’instant, à quelques exceptions près, je m’adapte très bien à ce régime alimentaire. Heureusement à déjeuner je n’ai pas du poisson et du riz, contrairement à Grégory… Je peux prendre un peu ce que je veux, comme des céréales, et manger quand je veux, ce qui me va plutôt bien. Je pense donc que je n’aurai pas trop de problèmes à m’adapter à cette nouvelle maison pour 3 mois.