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Fred au Pays du Soleil Levant

Seihakusai

5 mai

Vous savez peut-être que les Japonais ont très peu de vacances durant l’année et que même lorsqu’ils y ont droit, il arrive souvent qu’ils ne les prennent pas pour ne pas faire mauvaise figure devant leur chef et leurs collègues. Cependant durant la « Golden week », semaine sur laquelle se concentrent différents jours fériés, la majorité des Japonais ne travaillent pas et profitent pour une fois de voyager, surtout à l’intérieur de leur pays. Pour éviter les foules sur les lieux touristiques comme Kyoto, nous avons décidé de repousser ce voyage à plus tard, mais nous nous sommes tout de même rendus à un festival dans la ville de Nanao, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kanazawa.

A l’occasion de ce festival, les trois grands quartiers de la ville fabriquent d’immenses chars qui mesurent entre 12 et 16 mètres de haut et les tirent à travers la ville. Tout le public participe et tire sur d’immenses cordes, ce que nous avons bien sûr expérimenté. A cause des câbles électriques qui envahissent les villes japonaises, le cortège ne peut plus que passer le long de la rivière, mais le seul passage d’un pont avec un de ces engins reste une entreprise périeuse. Comme les chars ne possèdent que quatre roues non dirigeables, vous pouvez je pense imaginer la difficulté à effectuer des virages. Nous avons pu observer différentes tactiques, notamment celle de soulever l’avant du char et de rajouter une roue supplémentaire dessous. Je peux vous dire que de voir ce char ne tenir que sur trois roues très proches les unes des autres et penchant dangereusement comme la route n’était pas plate était plutôt impressionnant. Surtout qu’une vingtaine d’enfants se tiennent sur le char, à plus de 10 mètres du sol ! Une autre équipe préférait simplement tirer de travers pour faire glisser le char, au risque de se prendre un immeuble. En effet, après avoir tirer comme des bœufs pour atteindre le sommet du pont, le char prenait immédiatement de la vitesse lors de la descente. Des cales ont été nécessaires pour stopper le char à quelques centimètres d’un bâtiment, à la grande frayeur de tout le public ! Je ne crois pas qu’en Suisse un festival si dangereux soit autorisé.

Nous avons même pu croiser Yoshida-san, le coordinateur de notre cours de langue, qui participait au déplacement d’un des trois chars (entre Grégory et moi sur la photo)

     

     

 
Nous nous sommes ensuite rendus à un barbecue chez des amis de la famille Asano, famille d’accueil de Grégory. Malgré une fine pluie, nous avons finalement réussi à faire griller nos poissons et nos crustacés… Et non au Japon ce n’est bien sûr pas un bon steak ou une côtelette de porc que l’on fait rôtir, mais bien des produits de la mer. Dans tous les cas, c’était vraiment délicieux et très convivial. Après une longue journée et quelques verres de saké, un petit somme dans la voiture n’était pas de trop (n’est-ce pas Clément ;-) ).

        


« La Folle Journée de Kanazawa »

3-4 mai 2008

Ce week-end se déroulait à Kanazawa un grand festival de musique classique intitulé « La Folle Journée de Kanazawa » (en français pas en japonais…). Je vous laisse imaginer de quelle manière les Japonais prononçaient le nom de ce festival ! Comme la majorité des concerts étaient des œuvres de Beethoven, les organisateurs ont décidé de déguiser quelqu’un en Beethoven pour mettre un peu d’animation. Comme les Japonais n’ont pas trop une tête de Beethoven et que l’on doit pouvoir compter les Européens présents à Kanazawa sur une seule main, devinez qui c’est prêté au jeu… moi bien sûr (le samedi), et Clément le jour suivant ! Vous pouvez me contempler dans mon magnifique costume, avec une splendide perruque…

      

En fait ce déguisement faisait parti d’un programme spécialement conçu pour les enfants. Ceux-ci devaient trouver Beethoven (donc moi) dans tout le festival et lui demander s’il était vraiment Beethoven. En échange, je leur donnais un des cinq autocollants qu’ils devaient récolter pour obtenir je ne sais quelle récompense. C’était plutôt marrant ces petits enfants tout craintifs qui venaient me demander « Anata wa Beethoven desu ka » (Est-ce que vous êtes Beethoven ?). Au Japon, dans la vie de tous les jours, j’ai l’habitude maintenant qu’on me regarde d’une manière un peu différente qu’en Suisse, mais à ce festival j’étais encore plus décalé ! Jamais de ma vie je n’ai fait autant de photos, ça n’a pas arrêté toute la journée. Bien sûr en plus des photos, j’ai aussi eu droit au honneur de la caméra (4e fois déjà depuis que je suis au Japon, comme quoi on est vraiment des extra-terrestres ici…). C’est déjà stressant d’être interviewé en français, alors je vous laisse imaginer en japonais avec le peu de vocabulaire que j’ai pour l’instant… Il m’a fallu un petit instant de réflexion pour sortir quelque chose lorsque le journaliste me demandait de dire quelque chose pour tous les habitants de Kanazawa. Je crois qu’il faut déjà que je me prépare mentalement pour la prochaine interview au rythme où je dois en donner.

En définitive, ce petit travail était plutôt amusant, mais après 6 heures de ballades incessantes dans le festival et de « Hai Beethoven desu », j’étais bien crevé et content que ça se finisse. Bien que bénévole pour cette journée, j’ai eu la bonne surprise de recevoir une bouteille de Bordeaux et des tasses de Chine avec des instruments de musique dessus (bien sûr qu’il n’y a pas de trompette…). Pour la suite du festival, je suis redevenu un auditeur ordinaire ! Avec ma famille nous sommes donc allés écouter trois concerts entre samedi et dimanche soir, notamment les symphonies 3 et 4 composées par moi-même (Beethoven), interprétées par l’Ensemble Orchestre Kanazawa. La salle de concert toute neuve de Kanazawa est vraiment très belle et n’a rien à envier aux meilleures salles de Suisse. D’après moi, seul le KKL de Lucerne la surpasse en taille et en classe !


Festival du soja

26 avril 2008

Dans une fabrique de sauce soja de Kanazawa, se déroulait un petit festival auquel nous nous sommes rendus. Au Japon, toutes les raisons sont bonnes pour faire un festival, et je crois qu’il doit être possible d’aller chaque week-end à un autre dans un rayon de 50 km. Mais il faut dire que parfois ils appellent ça festival, alors qu’il n’y a que trois ou quatre personnes qui se courent après… Dans cette entreprise de soja, on devrait plutôt parler de portes ouvertes. Quoi qu’il en soit, nous avons pu goûter de délicieuses « okashi » (friandises japonaises) arrosées d’une « délicieuse » sauce au soja. En fait pour être franc, nous avons dû nous forcer un peu pour terminer cette friandise, tant la sauce gâchait tout…

Un groupe d’élèves d’une quinzaine d’années réalisait un reportage sur ce petit festival. On peut vite voir que ce sont des élèves, puisque toutes les écoles sans exception imposent le port d’un uniforme ! Vous pouvez bien sûr deviner qu’il nous a été impossible de passer entre les gouttes et qu’une énième interview s’est imposée. Quoi de plus exotique que des Suisses qui viennent visiter une petite fabrique de soja japonaise ! Après ce petit intermède télévisuel, nous nous sommes munis de nos bonnets (no comment…) pour la visite à proprement parler à laquelle nous n'avons naturellement pas compris grand-chose.

   


Cérémonie du thé

13 avril 2008

Dimanche matin je suis parti en voiture avec Reina et deux de ses amis pour la ville Toyama (~1h au nord-est de Kanazawa). Reina apprend à faire et servir le thé dans les règles de l’art auprès d’un professeur (sensei en japonais). Elle m’a donc proposé de venir avec elle pour pouvoir participer à une cérémonie du thé. Il y a différents types de cérémonie du thé au Japon, mais celle à laquelle j’ai participé est la plus dur à apprendre selon Reina. Tous les gestes sont en effet calculés et chaque ustensile qui sert à la préparation du thé doit être pris d’une certaine manière et reposé exactement dans le bon sens et à la bonne place !

La salle dans laquelle était servi le thé était toute petite et l’on devait rentrer par une minuscule porte de moins de 80 cm de hauteur. Au final nous étions 9 personnes dans cette toute petite pièce, tous assis à genou. Après différentes salutations d’usage, la préparation du thé commence. Chacun reçoit ensuite une pâtisserie japonaise (japanese sweet) qui se mange avant de boire le thé. J’ai vraiment dû me concentrer pour prendre la pâtisserie avec les baguettes, car elle était très grosse. Ca aurait vraiment fait tache dans la cérémonie si j’avais laissé tomber ma pâtisserie alors que tous les gestes sont si calculés, même ceux des invités. Heureusement tout c’est bien passé ! Même pour prendre le bol de thé qu’on se passait, il faut savoir avec quelle main le tenir, tourner le bol deux fois avant de boire et deux fois dans l’autre sens après,... Le thé en lui-même n’était pas spécialement bon, car il était un peu trop concentré pour moi. Il y a plein de sortes de thé au Japon, mais le plus répandu est le thé vert (ocha). Celui de la cérémonie était un thé vert, mais beaucoup plus concentré (koicha). Avec les conseils de Reina, j’ai réussi à faire tout à peu près juste. Après 10 minutes cependant j’avais déjà bien mal aux jambes à cause de la position à genou. Après 20 minutes je ne sentais plus mes pieds donc j’ai été forcé de me mettre en tailleur. C’est vraiment une habitude à prendre, car même les plus vieux étaient à genou.
 

     

     

Après que l’on ait mangé tous ensemble, j’ai un peu dû attendre qu’ils rangent et nettoient tous les accessoires. J’en ai profité pour visiter un musée sur l’Indonésie qui était juste à côté, mais ça ne m’a pas pris plus de 10 minutes. Je n’ai jamais vu un musée aussi court, alors que j’ai quand même payé 800 yens (8 CHF). En plus comme je comprenais rien à ce qui était écrit, c’était encore plus rapide…


Festival des sakura

12 avril 2008

Ce week-end se déroulait à Kanazawa le festival en l’honneur des sakura (cerisiers pour ceux qui n’ont pas lu les autres articles). Nous avons été faire un tour au bord de la rivière avec Clément-san et Grégory-san, où des stands de nourriture et de boissons avaient été mis en place. Nous avons tout de même trouvé que pour une ville de 400'000 habitants, ce festival était de taille plutôt modeste, surtout aux vues des nombreuses affiches que l’on avait aperçues dans toute la ville. Sur une grande scène se produisait tout d’abord un groupe de musique traditionnel, avec notamment des shamisens. Le shamisen est un instrument typiquement japonais à 3 cordes. Nous avions d’ailleurs été faire un petit cours de shamisen quelques jours auparavant. Je dois cependant avouer que cette musique est un peu ennuyeuse.

Quel que soit le son que je faisais avec mon shamisen, impossible d’en tirer quelque chose de joyeux. Après cet interlude musical nous sommes allés boire un sake chaud au bord de la rivière. J’avais déjà eu plusieurs fois du sake froid dans ma famille, mais le chaud c’était une première et ça ne m’a pas vraiment convaincu. Le sake chaud réchauffe bien, mais il n’a vraiment pas un bon goût. Nous nous sommes ensuite joint à un groupe composé à la fois de Japonais et de gaijin (étrangers) pour discuter un peu en japonais-anglais (je dois avouer que moi j’ai un peu trop abusé de l’anglais…). Sur la scène, nous avons pu suivre différentes danses et un théâtre nô auquel nous n’avons pas compris un mot ! A notre grande surprise, la moitié des stands étaient déjà fermés à 18h00, alors que le feu d’artifice n’était prévu qu’à 19h30. On s’est vraiment dit que les Japonais avaient un sens de la fête un peu différent du nôtre !
 

     

     
 

Ce soir-là dans ma famille d’accueil, j’ai eu droit à un souper de luxe. Otoosan (père en japonais) était allé au marché et a rapporté 2 crabes, des grosses crevettes et différents morceaux de thon. Je n’ose pas imaginer le prix de tout le repas vu qu’un crabe coûte 3’000 yens (30 CHF), et que sur l’immense plateau de thon (cru bien sûr), les meilleurs morceaux étaient hors de prix (1’000 yens si on demande un seul sashimi de cette qualité dans un restaurant selon otoosan). Dans tous les cas c’était vraiment délicieux !

Ce qui m’étonne beaucoup, c’est la quantité de nourriture que ma famille, et les Japonais en général, arrivent à ingurgiter tout en restant super mince. Ma « sœur » Reina par exemple arrivent à manger autant si ce n’est que moi, alors qu’elle ne pèse pas 50 kg. Ce doit être parce que c’est du poisson est que ça ne fait pas grossir comme de la viande…

 


Retour à Kenrokuen

9 avril 2008 

Mercredi après-midi nous sommes retournés au parc Kenrokuen pour participer à une cérémonie de thé en compagnie de China-san. Nous nous sommes ensuite promenés encore une fois dans le parc et avons profité de faire quelques photos supplémentaires. Je n’imaginais pas que les cerisiers en fleur puissent être si beaux. C’est surtout le fait qu’il y en a des centaines dans ce parc, ce qui donne vraiment un magnifique manteau blanc. Le parc est tellement bien entretenu que les employés balayent même les ruisseaux pour ne pas qu’il reste des feuilles coincées entre les pierres…

La promenade s’est terminée par une visite de l’intérieur du château de Kanazawa. Comme dans toutes les demeures japonaises il est aussi obligatoire d’enlever ses souliers pour visiter ce château.
 

      

     


Kanazawa-jô et Kenrokuen

5 avril 2008

Après avoir bien dormi, nous avons décidé de nous promener un peu dans la ville pour découvrir où nous vivrions durant 3 mois. Nous nous sommes donc rendu dans le parc Kenrokuen qui est, si je ne me trompe, l’un des trois plus grands du Japon. C’est là que se trouve également l’impressionnant château de Kanazawa. Le début du printemps est une période privilégiée au Japon, car c’est à ce moment que les « sakura » (cerisiers) sont en fleur. Les japonais aiment à contempler ces arbres et étendent des bâches sur le sol pour y pique-niquer. Ils ont même un mot pour décrire ça : « Hanami », qui veut dire en gros « contemplation des cerisiers en fleur ». Nous avons vraiment eu de la chance d’arrivée à cette période, car elle ne dure pas beaucoup plus de 2 semaines et ensuite toutes les fleurs tombent.

En allant ensuite au restaurant, nous nous sommes rendu compte encore une fois des habitudes qu’il nous faudra prendre, comme ôter les chaussures à l’entrée, ne pas donner de pourboire et payer en sortant et pas à la table. A ce repas j’ai pu expérimenter un délicieux sashimi (sorte de sushi) au pulpe cru… Je vous laisse imaginé un gros morceau avec la consistance du caoutchouc, impossible à couper avec les dents, avec un goût tout sauf délicieux et qui devient de plus en plus impossible à avaler si l'on s’acharne à le mâcher. Seule solution au final : l’avaler tout rond, ce qui n’était pas facile vu la grosseur du morceau…