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Fred au Pays du Soleil Levant

Miam, miam... des nattô

11 mai

En règle général, je ne suis pas trop gourmand et je mange ce que l’on met dans mon assiette, sauf quelques petites garnitures que j’ai de la peine à apprécier. Cependant, je n’avais pas encore goûté à une spécialité japonaise : les nattô, des haricots de soja fermentés. J’en suis arrivé à la conclusion que c’était le pire aliment que j’aie jamais goûté !

Un des canadiens m’en avait déjà parlé avant, j’avais donc une certaine appréhension en sachant que ma okaasan avait prévu ça pour le souper. Après avoir ouvert le paquet, il faut brasser avec les baguettes la mixture toute gluante jusqu’à ce qu’elle changer de couleur. Déjà à cette étape-là, je pouvais sentir une odeur tout sauf attirante et la consistance de cette mixture ne me disait rien qui vaille. Regardez sur la photo comme tout ce gluant paraît appétissant ! Les nattô se mangent ensuite en les enroulant avec du riz dans une feuille de nori (algues). Après quelques hésitations je me suis lancé, mais rien ne m’avait préparé à un goût aussi horrible ! Je me suis forcé à finir péniblement les quelques graines qu’il me restait sur mon riz, mais j’ai volontiers offert le reste des nattô à ma okaasan. D’habitude, je suis du genre à finir mon assiette même si j’ai de la peine, mais dans ce cas-là j’étais vraiment dans l’impossibilité de le faire tant c’était horrible ! Je crois que maintenant que je sais ce que c’est que de manger quelque chose d’aussi terrible, je suis prêt à apprécier n’importe quoi…


Menu "made in Japan"

2 mai 2008

Membres de Greenpeace et protecteurs des animaux, si vous souhaitez rester en bons termes avec moi, ne lisez pas cet article ! J’ai en effet goûté à un met que certainement personne d’entre vous n’a jamais goûté, puisqu’il est impossible de s’en procurer chez nous. Vous aurez peut-être deviné que j’ai mangé de la baleine ! Je sais ce n’est pas bien de tuer ces pauvres baleines, mais comme un beau plat de sashimi (c’est-à-dire cru) ne demandait qu’à être mangé, il n’y avait pas à hésiter.

Ne pensez pas que les Japonais mangent de la baleine chaque semaine, ni même chaque mois ou chaque année. C’est un met rare qui coûte extrêmement cher, et que l’on ne trouve en général que dans des restaurants hors de prix à Tokyo par exemple. Ma okaasan n’avait pas mangé de « kujira » (= baleine) depuis 2-3 ans, et c’était la première fois qu’elle la goûtait en sashimi. Au final, ces sashimis étaient vraiment délicieux. Mon otoosan m’a dit de bien les savourer comme c’était le genre de choses qu’un Japonais mange en général entre 0 et 2 fois durant toute sa vie.

En résumé, malgré une petite culpabilité, j’en retire que la baleine c’est vraiment délicieux. Mais c’est sûr que ce n’est pas demain que je vais en goûter encore une fois !

 


Accueil "made in Japan"

7 avril 2008

Le premier jour des cours de langue fût assez mémorable. Nous avons tout d’abord eu droit à une petite cérémonie d’ouverture typiquement japonaise. Nous étions une dizaine de personnes dans une salle, dont seulement trois étudiants. Nous avons alors eu droit à un petit discours de bienvenue, en japonais bien sûr, auquel nous n’avons rien compris ! Heureusement que la traductrice nous a répété le discours en anglais par la suite. La matinée s’est poursuivie avec un test que j’ai laissé à moitié vide et un petit entretien auquel j’ai peiné à répondre aux questions (en japonais bien sûr). C’est là que j’ai commencé regretter de ne pas avoir autant avancé dans le bouquin de japonais que Clément-san et surtout Grégory-san.

L’après-midi, nous nous sommes rendus, avec Yoshida-san et la traductrice, dans l’énorme bâtiment administratif de la préfecture d’Ishikawa, pour nous entretenir avec le directeur du tourisme de la préfecture. Aux vues de la petite cérémonie de la matinée, nous nous attendions à quelque chose d’encore plus officiel. Nous étions cependant loin d’imaginer ce qui allait se passer… Nous sommes arrivés dans une salle de conférence avec une longue table sur laquelle étaient posés deux petits drapeaux suisse et japonais entrecroisés. Nous avons ensuite remarqué le caméraman qui se promenait dans le couloir sans oser penser que c’était pour nous qu’il était là ! Mais oui c’était bien pour trois petits ingénieurs suisses que la chaîne nationale NHK s’était déplacée ! En plus de Grégory-san, Clément-san et moi, il y avait au final 10 japonais dans cette salle. Après un petit discours de bienvenue du directeur, nous nous sommes présentés un par un en japonais, exercice pour le moins ardu… On nous a ensuite remis une bourse d’environ 50'000 yens (environ 500 CHF) de la part de la préfecture, ce qui était plutôt une bonne surprise. Après les remerciements d’usage (merci Grégory-san pour la lecture du texte…), il y eu une petite séance de questions. Nous qui pensions à quelque chose de plus décontracté, avec éventuellement des petits fours, nous avons dû déchanter. Nous sommes restés encore face à face à cette grande table pour parler de la pluie et du beau temps en Suisse et au Japon… Avant de partir je me suis encore prêté au jeu des questions-réponses devant la caméra. Heureusement que j’ai pu répondre en anglais, sinon j’aurais eu de la peine à sortir quelque chose…

Comme la caméra n’était pas là pour rien, nous sommes passés le jour d’après sur la chaîne régionale de NHK (heureusement ils ont pas mis mon interview). Nous avons également eu droit à deux articles dans les journaux locaux (Ishikawa c’est quand même 1.2 millions d’habitants…). Voici donc la vidéo et les deux articles :

Articles.pdf
Sommet Suisse-Japon à Kanazawa.AVI

C’est quand même incroyable, à peine arrivé et j’ai déjà mon nom dans le journal… C’est à croire que c’est un événement exceptionnel que des Suisses viennent apprendre le japonais et travailler au Japon !


Ma famille d'accueil

6 avril 2008 

Dimanche était le jour de la rencontre avec les familles d’accueil ! Nous nous sommes rendus au bâtiment « Rifare » dans lequel se déroulent les cours de langue et où Yoshida-san, le coordinateur, nous a accueilli. Après une petite heure de présentation, les familles sont arrivées et nous sommes chacun partis avec nos « parents » respectifs.

La maison est pas mal du tout et toute la famille Fujimoto (ça sonne bien non ??) est super sympathique. En plus des parents, il y a leur fille de 27 ans, Reina, qui est encore à la maison, alors que leur autre fille de 30 ans et leur fils de 24 ans habitent du côté de Tokyo. Dans la maison, il y a encore les grands-parents qui ont plus de 80 ans, mais ils restent plutôt dans leur partie de la maison et ne mangent pas avec nous. Il y a aussi le chien Leon qui n’arrête pas d’aboyer lorsque quelqu’un rentre, mais maintenant qu’il me connaît il ne me saute plus dessus c’est déjà ça… J’ai encore oublié les deux chats qui vivent dehors mais viennent quémander de la nourriture en se frottant contre la vitre.

La maison, comme la majorité des nouvelles maisons japonaises, est plutôt de style occidental. Je ne dors donc pas sur un tatami et les portes sont comme chez nous. Vous avez peut-être entendu parler des toilettes japonaises qui étaient super perfectionnées. Ma famille possède les toilettes les plus perfectionnées que j’aie vues jusqu’à maintenant : couvercle qui s’ouvre automatiquement quand on arrive, siège chauffant, jet pour se nettoyer le c..., possibilité de régler la puissance du jet et de faire des sortes de massage grâce au panneau de commande (voir photo), séchage à l'aide d'un mini-foehn, et finalement déclanchement automatique de la chasse d’eau lorsqu’on se lève. Personnellement je ne suis pour l’instant pas très convaincu de l’utilité de tels gadgets et je n’ose pas imaginer la quantité d’eau et d’électricité que ces toilettes consomment ! Il y aussi le jacuzzi avec la vue sur le petit jardin style japonais, ainsi que la toute nouvelle télé de 127 cm de diagonale qu’ils viennent de livrer. Comme la moitié des chaînes de télévision au Japon sont déjà en haute définition depuis l’année passée, ça donne vraiment pas mal du tout sur cet écran ! Mais bon pour l’instant je comprends pas grand-chose à ce qu’ils racontent dans leurs émissions… Mais je suis sûr qu’à la vitesse à laquelle vont les cours, je comprendrai bientôt quelque chose.

Pour ce qui est de la nourriture, il y a bien sûr beaucoup plus de poisson que chez nous. Mais pour l’instant, à quelques exceptions près, je m’adapte très bien à ce régime alimentaire. Heureusement à déjeuner je n’ai pas du poisson et du riz, contrairement à Grégory… Je peux prendre un peu ce que je veux, comme des céréales, et manger quand je veux, ce qui me va plutôt bien. Je pense donc que je n’aurai pas trop de problèmes à m’adapter à cette nouvelle maison pour 3 mois.


Départ et premières impressions

3-4 avril 2008 

 

C’est à Genève que commence mon voyage vers le Pays du Soleil Levant. Tout comme moi, deux autres ingénieurs fraîchement diplômés de ma classe, Clément et Grégory, ont décidé de partir à l’autre bout du monde pour un stage payé dix fois mois qu’en Suisse, mais dix fois plus enrichissant… Nous nous sommes donc logiquement entendus pour partir ensemble vers Kanazawa où nous étudierons ensemble le japonais durant 3 mois.

Une semaine avant notre départ, l’ouverture du Terminal 5 de British Airways à Londres Heathrow ne s’est pas passée comme prévu. Résutat : quelques 16'000 bagages en rade dans les sous-sols du terminal ! Comme nous étions censés faire escale par ce terminal pour voler ensuite vers Tokyo, ces événements ne nous rassuraient pas spécialement. Retrouver un bagage perdu à Tokyo (un des plus grands aéroports du monde), ce n’est pas la même chose que d’aller le rechercher à Genève Cointrin… Finalement tout c’est arrangé, puisque le matin du départ, British Airways nous a proposé de passer par Frankfurt avec Lufthansa pour être sûrs que nos bagages nous suivent. Le seul bémol fut la coquette somme de 1'169.- que ma carte de crédit a dû régler pour les frais de bagages, la limite de poids chez Lufthansa étant bien inférieure. Espérons que British Airways tienne parole et me rembourse cette somme…

 

Les bagages nous ont donc bien suivi jusqu’à Tokyo… Ouf ! Il ne nous restait plus qu’à traverser le Japon d’est en ouest pour nous rendre à Kanazawa. Le passage par la gare de Shinjuku à Tokyo nous a vite montré à quoi l’on pouvait s’attendre si l’on s’aventure dans ce pays sans connaître la langue. Imaginez une gare de Zürich à la puissance dix (non j’exagère pas, je crois que c’est la plus grande gare du monde), placez là trois petits Suisses avec des connaissances de japonais très limitées, entourez-les d’un flot continu de Japonais, et vous pensez bien que ce ne fut pas facile de s’y retrouver… Il nous a presque fallu une heure en trimbalant nos 50 kg de bagage pour déchiffrer les innombrables panneaux (qu’en japonais bien sûr) pour nous retrouver sur le bon quai !

Si vous êtes étranger en Suisse, que vous venez de l’autre bout du globe, vous vous sentez peut-être en peu différent. Dans tous les cas, cela n’a rien à voir avec ce qu’on ressent lorsqu’on est immergé dans un flot de japonais. Au Japon, il y a 99% de Japonais, 0.8% de Coréens et 0.2% d’autres nationalités (Chinois y compris). C’est là qu’on comprend comment ça fait d’avoir une tête de plus que les autres (merci Grégory pour être encore plus grand que moi) et de ne pas ressembler à tout le monde. Les petits enfants japonais nous regardent même parfois comme si l’on débarquait d’une autre planète ;-)

Après avoir transité par Maibara, où nous sommes parvenu à prendre notre correspondance malgré seulement dix minutes disponible pour trouver notre voie, nous sommes finalement arrivé entiers à Kanazawa le vendredi 4 en fin d’après-midi, après quelques 20 heures de voyage. Nous avons trouvé un petit hôtel non loin de la gare et compensé le décalage horaire avec quelques 15 heures de sommeil…

Arrivée à Kanazawa avec Grégory et Clément